FROM THE CHRONICLES

Serge Tillmann

Directeur général chez Lycée Franco - Qatarien Voltaire

Serge Tillmann

A mon amie, à notre amie,

Dédé Hourani,

Une œuvre en suspension heurtée par la beauté du monde.

Dédé Hourani a fait de l’écriture l’acrotère de sa peinture, pour penser l’art comme un temple dédié à la beauté. Son ouvrage invite, dans la délicatesse du silence de ses mots, précautionneusement couchés sur le papier, dans l’intimité de la tendresse de l’auteure, à poser notre besace d’arpenteur des arts pour croire à ce possible rêve: l’amour. Le lecteur implore le vagabond des mots à quitter la pénombre de son quotidien, pour découvrir la lumière d’une œuvre peinte, en suspension, comme prise entre les mondes. Nos yeux éblouis, dans le cillement des pages délicatement ourlées de couleurs, de mouvements et de formes deviennent nuages devant le soleil, le présent disparaît, devient invisible, dans l’imprésence du temps. Par une douce alchimie, l’invisible se transmue en émotions. Et puis, l’émotion devient enthousiasme.

Dédé Hourani nous convie à découvrir, à redécouvrir, à imaginer ses mondes qui volètent de l’écritoire au chevalet, pour nous entretenir de la rencontre du visible et de l’invisible. Dédé Hourani nous offre une ode à la pensée, dans laquelle chaque tournoiement de sa plume, aussi infime qu’il puisse paraître, réalise le passage des sensations extérieures vers ses univers intérieurs. Ses pinceaux sont des cils dont chaque battement effleure la toile pour ne plus la quitter. Nos regards sont pris dans les raies de la beauté.

Chaque battement de son cœur n’est d’abord qu’une lettre qui n’a de cesse de lui échapper pour rejoindre celui qui la découvre; au battement suivant un mot surgit, puis un autre, relié à ses rêves, qui par entrelacements successifs forment une chorégraphie du beau. Son esprit sculpte patiemment l’invisible et crée d’innombrables dialogues de manière quasi cosmique. Du culte du beau, est une œuvre lyrique, le parcours initiatique des enfants de la nature qui rêvent de pouvoir entendre les arbres parler. Nous sommes tous les enfants de la terre et de sa nature, confidence comme murmurée au lecteur.

La magie opère, chaque battement de son cœur devient une phrase au détour des feuillets Du culte du beau, dont elle a, dans le silence de la création, patiemment forgé le regard. La dernière page de son livre écrite, sa main suspendue hésite, croit qu’il est possible de porter l’ouvrage à soi, à bras le cœur, comme on enlace une brassée de fleurs pour en saisir le parfum. Ce culte du beau demeure à jamais une longue méditation qui traverse le miroir de la vie, pour en épouser les inclinaisons les plus profondes.

Son œil capture la lumière du monde, à l’évidence, la source de toute beauté visuelle. Sa main décrit ses «paradis», couche de blocs de transparence, aucune ombre sur la toile, mais l’intensité impalpable d’ombres, désormais invisibles. L’intelligence de sa main s’exprime dans chacune de ses toiles.

Dédé Hourani par les souvenirs qu’elle livre agite nos mémoires. Ses secrets ont l’audace de la séduction, ils cristallisent l’instant d’une œuvre offerte au premier regard du spectateur. Dans son Hommage à Gabriel Fauré Opus 85 La fleur qui va sur l’eau, les couleurs se faufilent dans les linéaments de la partition du Créateur, la Nature. La mémoire et l’imaginaire sont les fidèles compagnons de Dédé Hourani et lorsqu’elle cite Hölderlin «qui s’attachait à préserver la pureté et l’innocence de l’enfance tout au long de sa vie» elle interroge ce sentiment troublant qui nous lie à l’enfance en nous projetant dans un monde secret, transfiguré par une source lumineuse, celle de nos souvenirs.

Pour Dédé Hourani, l’aventure créatrice ne peut se contenter d’être seulement esthétique, elle est une vibration de l’âme en harmonie avec «le beau et le bien», en somme l’intelligence du monde par l’intelligence du cœur, l’une participant à l’expression de l’autre. Sa vision intérieure est la source de ses inspirations, elle est sa part de lumière, née dans le secret de son âme dont elle semble se dépouiller avec grâce au fil des pages. Lorsque Dédé Hourani peint Le cygne de Tuonela Hommage à Jean Sibelius, l’imprésence de la mort se loge au pli de l’invisible, et ses rouges semblent dépouiller nos craintes. Cette œuvre née dans l’obscurité ne parle que de la Lumière, du plus ignoré de notre existence.

Voir et montrer pour offrir «à notre mémoire et à nos cœurs» la beauté de la création. Chacune de ses toiles se fait le parfait miroir de son âme pour laisser s’insinuer ses «yeux témoins du beau». Les yeux de Dédé Hourani cueillent un poème A une fleur, Hommage à Alfred de Musset pour essaimer un Champ de geum à la blancheur diaphane. Croire à la Lumière dans l’obscurité, à son mystère.

L’œuvre de Dédé Hourani tend le miroir de la mémoire au présent pour laisser apparaître l’essentiel, ce qui est invisible, comme une Vibration de l’âme. Et puis, après les roses de l’aube, elle fait surgir un Vignoble avant l’orage, ce présent si familier qui nous entoure. Derrière le voile des jours, le dithyrambe est invité au recueillement dans le prolongement d’un silence originel qu’elle fixe sur la toile.

La nature n’a pas le pouvoir de se montrer telle qu’elle se désire, elle se laisse alors apprivoiser par le regard consolateur d’une artiste qui crée la vie à partir de la vie. Elle repousse les limites du réel jusqu’à l’absolu de la nature. L’innocence et la quiétude, la fragilité de la vie expriment son espérance et ses tourments. Son œuvre renvoie à la complexité de nos désirs, de nos attentes, comme de nos peurs. La nature chorégraphiée devient dans sa peinture le réceptacle de son imaginaire. Dédé Hourani possède cet étrange pouvoir de hausser la nature jusqu’à une beauté héroïque. La magie de son langage pictural crée depuis Les champs verts de Marjeyoun jusqu’au Lac de Kammouaa d’immortelles images perpétuant le rythme immuable du temps.

Lorsqu’elle parcourt son Liban bien aimé, feignant avec pudeur de découvrir «combien mon pays est beau», elle confie à ses carnets quelques croquis à la mine fine si parfaits pour les yeux que la copie disparait pour n’être que le modèle. Elle s’arrête émerveillée pour demander humblement à la nature qui l’entoure de l’accompagner et de ne jamais la quitter. Les tableaux de Dédé Hourani disent des mondes inapprivoisés, ils sont cette promesse recueillie par brassées, liée à une intense interrogation humaine aux prises avec le destin. Ces travaux expriment avec d’autant plus de conviction, la souffrance et la grâce de la nature, ses éternelles oppositions complémentaires et indivisibles de la dualité humaine, ils sont le Rythme vital des battements du cœur.

Ces tableaux sont ses Roses ardentes d’un Hommage à Gabriel Fauré, ce Sommeil des nénuphars attendant l’éclosion, miroir aquatique d’un univers en perpétuel changement dans la lumière de l’instant. En préservant l’image éphémère de la nature Dédé Hourani nous invite à gagner son jardin de la mémoire dans la durée de Ce culte du beau pour rejoindre son cher Proust qui avait choisi «cette substance merveilleuse qu’on appelle le temps» pour sujet de son œuvre.

Peintre mélomane, Dédé Hourani évoque le jaillissement des couleurs de la nature dans la musique, elle en traduit les intensités lumineuses, les mouvements doués d’infinis éclats, les silences et leurs reflets, les ombres retenues par la course de la lumière. Lorsqu’elle évoque ses enlumineurs de sons, sa plume est irisée d’un amour infini. Dédé Hourani côtoie Claude Debussy pour qui William Turner incarnait «le plus beau créateur de mystère qui soit en art», Francis Poulenc qui proclamait devoir à la peinture «autant de joies profondes qu’à la musique», Olivier Messian qui évoquait l’influence déterminante de Robert Delaunay «précurseur de la peinture abstraite, par conséquent très proche de ce que je vois lorsque j’entends de la musique».

Les musiciens sont pour Dédé Hourani, les rayons de lumière de ses jours et de ses nuits. La musique est le langage du monde depuis la nuit des temps, elle est un jardin de la mémoire, capturant le caractère transitoire et évanescent du temps, elle est une libération dans l’éternité. C’est de cela dont parle Dédé Hourani dans un Hommage à Franz Schubert Un voyage d’hiver ou dans Nocturne un Hommage à Frédéric Chopin. Pour Dédé Hourani «L’âme de l’Univers a été assemblée selon l’accord musical». Le musicus qui étudie l’harmonie est un cosmologue dans la lumière du son. Dans ses tableaux Ondulation du son Hommage à Paul Cézanne, Ronde du printemps et La mer, Hommages à Claude Debussy, Erik et Senta Hommage à Richar Wagner, Le lac, ou encore Pétales de roses éparpillées, d’innombrables notes colorées en suspension disent son monde sonore.

Elle accroche, cadre à cadre, ses admirations, telle Une araignée tissant sa toile, et déjà nous nous prenons à rêver de l’accompagner là où personne n’est encore jamais allé; amie de Dédale, Dédé Hourani emprunte ses labyrinthes de lumière qu’elle nomme Rencontre imprévue, A deux, Mon propre labyrinthe, au bras d’Eugène Delacroix dont elle feuillette le journal pour annoter un passage lié à l’éblouissement qu’il a éprouvé face à l’œuvre de William Turner «Il y a une impression qui résulte de tel arrangement de couleurs, de lumières, d’ombres… C’est ce qu’on appellerait la musique du tableau». Les œuvres de Dédé Hourani sont accrochées cadre à cadre, ou plus justement page à page, et si intimement liées à son texte que nous sentons son regard, et le murmure de sa voix, à travers Le contrepoint intérieur de son Hommage à Sergei Rachmaninov. Elle nous rappelle avec douceur et tendresse que le merveilleux théâtre à cœur ouvert qu’est la vie ne peut se comprendre qu’à l’aune de l’ancestrale formule: «si on ne voit pas, on n’entend pas…».

… Et puis, par la Grâce du Ciel, la double colonne d’une lumière céleste et naturelle éclate à l’unisson du caractère poétique et mystique de son œuvre dans ses vitraux réalisés pour l’hôpital du Sacré-cœur de Hazmieh-Mont Liban. Le vitrail est pour Dédé Hourani, cet «entre-deux-ciels» par lequel elle emprunte un éclair de lumière pour composer dans l’éclairage de sa foi l’amour infini du Créateur. Dédé Hourani peint dans les éclats de verre d’une chapelle, le divin dans l’humanité d’un visage. Lorsqu’à travers ses vitraux les visages d’une humanité transfigurée peints à contre-ciel disparaissent au moment où l’ombre nuit au jour, demeure l’Amour, la première des charités.

Merci, chère Dédé Hourani, de nous avoir offert votre livre intérieur, votre Mélodie secrète, merci de nous rappeler que même «le jour le plus journalier possible» de nos existences est porteur de beauté. Votre livre est une invitation à redécouvrir le mystère de la beauté et à s’en délecter. Prenons le large intérieur avec vos Navires phéniciens de Sidon et votre Vaisseau de la Terre Hommage à Gustav Mahler, Symphonie n° 5.

Merci, chère Dédé Hourani, de nous permettre de nous réfugier hors du temps, dans l’instant de vos bonheurs qui emplissent vos moments d’existence. Ce culte du beau est bien autre chose qu’une narration, il est une réflexion. Votre prose, toujours lyrique, a trouvé son écrin dont vous nous faites le don aujourd’hui, votre ouvrage est une promenade à travers le temps et une ode à la beauté à travers votre flamboyant parcours.

Serge Tillmann

Depuis les jardins de la Fondation Pierre Gianadda,

Martigny en Valais

Dédé a écrit:

Cher ami

Serge,

Tout d’abord, Serge Tillmann a magnifiquement réussi à révéler la beauté de ces pages de l’ouvrage «Ce Culte du Beau» avec ces quelques lignes qui ont agréablement résonné dans son esprit vif, captant le contenu et le sens de cet ouvrage d’une manière remarquable, ce qui contribue à la valorisation du Beau ainsi que des valeurs humaines, tout en sachant aussi où se trouve le manque à apprécier la beauté ainsi que pouvoir l’à créer dans la vie et dans les arts car évidemment cela est dû au manque d’éducation civique et esthétique au milieu de ce subit bouleversement des valeurs!!! mais notre ami Serge est de ces rares personnes qui ne désespèrent pas car il vient ajouter à travers sa préface, cet espoir qu’il possède au fond de son cœur comme une force intérieure et un phare dans l’incertitude, pour guider les autres à espérer, et c’est comme cet élément clé et déterminant, celui de revenir aux sources du beau et de son expression comme une nécessité pour le renouveau que ce soit dans la nature ou dans l’esprit humain et même dans le fond de la pensée, plutôt une démarche propice de s’élever à travers elle, parce qu’il est capable de déduire les couches invisibles de l’inconscient de l’auteure, traduisant le contenu avec ces échos énergétiques actives qui résonnent en lisant l’ouvrage, comprenant si bien la vérité du beau, le révélant magnifiquement dans ses lignes, puisque le Culte du Beau réside en lui et de cet espace intérieur où il émerge sous différentes formes parce qu’il en a l’essence pour pouvoir déduire son existence dans tous les domaines comme dans une œuvre d’art ou dans un paysage et qui évoque une expérience esthétique perçue intérieurement et qui se relie à la beauté et à une vérité plus grande celle d’une fascination en face du beau et de son harmonie intérieure, pareille à une résonance de ce bien moral et du beau, là où ils se trouvent, or c’est la beauté qui nous fascine et nous donne ce sentiment de plénitude et d’apaisement tout à fait comme une quête spirituelle du sens et de l’harmonie qui enrichissent notre existence, nous rappelant l’idée du beau dans la philosophie de Saint Thomas d’Aquin qui pour lui: «La Beauté est accessible à toutes les intelligences.» Cet esprit qui n’est que cette force fondamentale pour surmonter aussi les épreuves en préservant et en valorisant la beauté qui n’est que cette composante essentielle de l’existence humaine et ce n’est que ce culte de la beauté qui se résume dans les valeurs, ainsi que le bien et la vérité et qui est dans l’amélioration des pensées dans l’appréciation de la beauté, ce qui implique de cultiver une perception neutre si c’est dans la nature et notamment dans les esprits et qui transforme le bien-être intérieur et modifie la chimie du cerveau humain intentionnellement et qui comporte le bien dans sa réalité ainsi que l’accord avec les êtres et le monde dans cette vie.

Donc au seuil de la pensée du Beau et la possibilité de rédiger le processus du culte dans sa dédicace, notre ami Serge Tillmann l’a bien résumé mais reste aussi ce conflit à faire comprendre le processus du Culte du Beau parfois aux autres apparemment incompatibles de comprendre et d’évoluer dans ce sens-là surtout s’ils ne sont pas à la hauteur des valeurs esthétiques ou humaines est telle qu’elle peut être appréciée, même au niveau inconscient!!! La préface c’est comme un voyage éclair dans le monde du Beau pour la transmettre à l’autre en explorant cet inconscient, structuré par des archétypes ou par des symboles, là où réside cette vérité du Beau dans tous les domaines et partout où il existe, et comme Serge Tillmann l’a mentionné dans l’ouvrage de l’auteure. Ce beau apportant la sérénité et un certain bonheur, plutôt une satisfaction pareille à ce sentiment indescriptible d’un certain plaisir esthétique, liée aussi à cette émotion de se trouver devant un paysage qui nous ravit et même nous ébahit par sa beauté féerique vue pour la première fois ou une œuvre d’art et qui fait naître en nous cette émotion intérieure comme une résonance qui part du regard jeté sur ce lieu si beau ou cette œuvre d’art avec cette perception individuelle et subjective à la fois semblable au contenu de sa préface.

Donc, la préface ajoutée à mon ouvrage est une valeur de plus au service du Beau dans son ensemble dans la mesure où elle contribue à l’idée du beau dans sa compréhension essentielle la plus profonde et qui évidemment va résonner dans les cœurs et les esprits des autres, tout en validant le contenu même au niveau humain et culturel, pour les éclairer davantage à cette idée de la beauté du bien et du vrai dans tout leur sens et leur permettre ainsi de plonger dans l’ouvrage et l’apprécier pour bien assimiler le contenu dans leurs esprits et leurs pensées, comme une invitation de la part de notre ami Serge qui valorise la beauté et son concept dans ce monde, et c’est plutôt un avant-goût de la portée du sujet de l’auteure du Culte du Beau mais aussi pour aider à appréhender en même temps la réalité même si l’idée de la beauté régresse dans ce long tourbillon d’incroyable désintéressement à la mesure de l’Univers en englobant sa nature et qui n’en finit pas et que même cette idée oscille entre la subjectivité et les émotions car il n’existe pas ces règles logiques qui aident à participer à l’idée de la beauté mais il ne faut pas perdre l’espoir.

Quant à moi, je n’ai qu’à exprimer toute ma gratitude envers notre ami Serge pour le temps qu’il a pris pour rédiger sa belle préface en m’appuyant sur son potentiel inouï puisqu’il est capable de capter l’esprit de l’ouvrage et cette impression que sa dédicace a produite en moi, c’est plutôt l’inexprimable que je conserve dans mon âme comme reconnaissance… et c’est dû aussi à cette transfiguration poétique de son texte pareille à des souvenirs et des mémoires ancrés de la beauté au fond de nous de ces moments splendides avec leur authenticité dans ce monde du beau et qui témoignent de la vérité propre qu’elle est ainsi notre idéal surtout notre sens de la fidélité pour tout ce qui est vrai et authentique et qui n’est que l’essence forte et décisive pour sa signification; et le bonheur d’y penser à cet important sujet de la beauté, n’est qu’une félicité totale d’une réalité incluse en elle ne serait-ce que la nécessité au bonheur et qui résulte de cette supériorité intellectuelle, prouvée par le ressenti du Beau et du Bien du fait de sa diffusion dans les fibres du cœur et qui illumine même nos regards comme une conséquence toute naturelle, et c’est dû aux sentiments réciproques et aussi à la valorisation du Beau et du Bien qui définitivement aboutissent de la manière la plus profonde à se refléter dans nos vies et nos états d’âme, réelle, concrétisée et même interpellée en métaphore par notre cher ami Serge Tillmann qui en précise le sens du sentiment humain qui jaillit de cette vie et qui n’est que le fruit de l’existence, là où ce jaillissement infusé par l’esprit et l’âme n’est définitivement que cette lumière qui vivifie l’esprit pour inspirer aussi aux autres tout ce qui est beau et palpable suivant l’état d’âme qui réclame la paix par la présence aussi du Beau en nous et qui n’est que cette plénitude de vie et ce sentiment de compréhension, débordant de grâce comblée par le bonheur qui, à la lumière diffusée incite à s’adonner avec joie sur les flots de ce sentiment sublime envers le beau qui est fort et indescriptible dû aussi à cette expérience ultime qui signifie le pathétique du sens de l’existence humaine dans son état d’ensemble et qui le constitue même, vers ce spirituel qui se rapporte aussi au Divin.

Serge Tillmann a su résumer dans un langage élevé et qui lui est propre, caractérisé par son élégance du cœur et de manière à libérer avec le génie qu’il possède ainsi que le don de la créativité à travers son intériorité, capable de traduire la pensée de l’auteure selon son style personnel et sa propre vision, pour l’analyser ainsi en exprimant le fond de l’ouvrage, scrutant subtilement le contenu et là où l’on trouve les richesses de l’esprit au rythme de sa pensée et ce que l’écrivain veut exprimer, révélant ses pensées au fond de son esprit dans l’ouvrage comme par exemple, en citant les poètes et les musiciens proches du cœur de l’auteure et leurs interprétations en œuvres peintes que ce soit des poèmes ou des œuvres musicales; et c’est comme une joie et une connexion intérieure de l’être humain et c’est dû aussi à la bienveillance chaleureuse d’un sourire, d’un regard ou d’une manière d’être liée à des idéaux culturels ou personnels, qui par la communication sont plus touchants à l’âme humaine puisqu’ils suscitent quelque chose d’intense en nous comme un plaisir dans l’âme reflété par celle de l’autre pareille à un plaisir esthétique des diverses formes d’art ou d’une lecture, car ils sont plus forts que les mots… et c’est une forme de communiquer avec l’autre sans paroles comme dans un poème aussi ou une version de musique qui touche profondément le cœur d’un écrivain, ou une œuvre d’art avec un langage visuel qui provoque une réaction directe comme une émotion, variant selon l’artiste qui l’a créée.

Voilà ce lien subtil entre sentir le beau à travers ce qui nous touche et qui provoque en nous les dimensions d’un langage silencieux, donc c’est cette étincelle et même l’expression émotionnelle non verbale et qu’il insinue comme la beauté des valeurs humaines et esthétiques, et leurs attraits qui nous donnent de la joie à regarder, à contempler et à sentir aussi ses qualités et sa plus grande capacité cognitive, explorant la psychologie analytique de cet ouvrage qui concerne la beauté dans ses diverses formes, comme la beauté de la nature, la beauté intérieure de l’être et même la beauté du Divin, celle de la spiritualité et de l’amour de Dieu, et qui me rappelle ce que Bossuet a décrit: «Une étincelle d’amour de Dieu est capable de soutenir un cœur durant l’éternité», et tant que la beauté est révélatrice de la sensibilité poétique et lyrique ou autre chez l’être humain, sa quête réside dans chaque esprit et même si elle est parfois indicible et aussi indéfinissable, elle crée cette extase poétique ou spirituelle et qui correspond à la contemplation esthétique prolongée qui crée ce lyrisme pour la décrire, s’approchant de la transcendance et même l’idéalisation au-delà du sens…

En revanche la beauté, la vraie, se ressent avec le cœur à travers le regard qu’elle soit une œuvre d’art, stimulant les régions ou les zones de cette créativité, naissent dans le cerveau de l’être humain là où le beau naturel d’un paysage ou autre ou bien l’écoute d’une œuvre musicale etc…, tout cela apporte ce sentiment d’émerveillement et éveille une sensation profonde comme celle de Serge Tillmann et qui lui a provoqué en lisant les textes, cette étincelle, produit pur de la Beauté et surtout cette émotion esthétique, pour écrire sa préface qui va éveiller un sentiment profond comme une connexion intérieure bien au-delà de la perception visuelle et cela active l’émotion, et aussi à capter et à comprendre en déchiffrant le contenu et découvrir cette capacité de sentir surtout si elle vient d’une beauté intérieure et d’une spiritualité qui rayonne dans les esprits, et quand la beauté réside dans l’âme et le cœur à la fois et voilà que cette beauté inspire celui qui la contemple et libère ce sentiment étrange de bien-être, car une fois ressentie elle se reflète sur l’âme humaine à travers cette lumière qui se dégage d’elle et qui est pareille à cet idéal dont on cherche à découvrir ses instants de paix, d’harmonie, de douceur et d’un instant sublime qui apaise le cœur une fois ressenti par celui qui la contemple et ce n’est que de la joie et du bonheur.

Je m’adresse à notre ami Serge Tillmann pour son langage qui repose sur des descriptions claires et justifiées, un langage de responsabilité envers l’ouvrage, employé pour le résumer dans son grand contenu et qui traite les œuvres et l’émotion de l’écrivaine au même registre lyrique, captant avec son potentiel culturel si riche, les métaphores de chaque texte et illustration poétique ou musicale, et tout cela lui a pris beaucoup de temps surtout pour lire l’ouvrage dans son intégralité, ce qui témoigne de mon respect ainsi que de son amitié fidèle, sincère et inégalable.

Dédé Hourani

Remerciements à

Serge Tillmann

A mon Ami Serge,

Tandis que mon regard se jette sur tes lettres de lumière faisant son chemin vers leur contenu comme si c’était sur les feuillages d’un arbre vert troublés par une douce brise et dont les branches se détournent de son rond destin, tend vers le ciel son rêve si doux de les voir renaître!!!

Des mots plus exacts qu’un poème pour deviner et noter mon désir de bonheur qui voudrait bien parler d’une enfance heureuse qui reste collée à mon être ainsi que sur l’azur d’une vie troublante d’ardeur, pour le souvenir d’une affection filiale ainsi que pour le culte du beau dans la créativité même et ses multiples facettes. Et voici qu’il projette sur ces pages un faisceau de lueurs étonnantes!!! et moi émerveillée devant cette lumière qui s’y diffuse et se reflète en moi comme des notes de bonheur avec toute ton inspiration et sa variété pour résumer : “Cantate à une enfance heureuse” et qui éclate dans cette suite d’idées d’un véritable passionné des arts dont l’âme d’artiste sait saisir à tout moment les harmonies qu’il recèle comme si la nature entière entre en communication avec lui, lui toujours présent à regarder cette belle nature qui pour lui, prend merveilleusement une signification si sublime.

Voici encore le sens et le culte du beau inné en lui qui prend possession de cet univers merveilleux comme un poète ou un artiste, “Ces Princes de l’espace et du temps” et dont il fait partie intégrante par sa culture et qui enchante avec ces mots rythmés comme les vibrations d’une fraîche brise ou les sons du “Clavier bien tempéré” de Bach incroyablement beau et touchant et surtout rempli d’espoir avec ses notes d’intersection de lumière qui en font jaillir le contenu comme l’eau d’une rivière profonde, douce et transparente ou comme une toison d’or qui peut guérir les blessures… avec son langage sublime qui a su indéniablement relier le passé de cette petite fille de la Cantate au présent et le transporter dans l’avenir!!! et cela prend toute sa signification en notant ce symbole de la vérité du bonheur dont j’essaie perpétuellement de tisser la trame et ardemment, pour éviter la pensée d’une absence qui a dû marquer si tôt mon enfance…

Nous lui devons aussi ce bonheur ultime dont l’humanité a besoin et qui n’est qu’un langage universel qui trace merveilleusement cet humanisme radieux grâce à cette sensation visuelle et cognitive qui révèle cet univers et toute la joie en communion avec l’Être et tout le lyrisme qui en émane.

Une gratitude immense à un être cher pétri de sensibilité si fine, de raffinement, de poésie et surtout de beauté universelle et divine et cette grande faculté de communication avec les autres et surtout son attachement fou aux principes, à la liberté et aux valeurs humaines.

Rares sont les hommes libres doués de raison et de conscience !!!

Cette préface écrite avec tant de perception et de soin part le grand ami Serge Tillmann qui avec son humanisme et son regard qu’il porte vers la nature humaine et sa conception de l’histoire des arts, a su appréhender ce que signifie la rencontre de l’autre et c’est un banquet dont il est l’Amphitryon qui s’élève aux plus hautes considérations.

Il suit l’esprit de la “Cantate heureuse” sans rien négliger des grandes et petites choses de l’esprit humain de l’auteur et dans tout ce qui concerne les beaux-arts, la poésie et la musique, aimables et vivantes passions qui le trouvent toujours attentif. Certes il a cette connaissance et cet amour profond pour les beaux tableaux, comme ceux de Monet, Michelangelo et les autres, ainsi que les magnifiques statues, qui sont les œuvres immortelles des plus grands maîtres et incluent toutes les écoles d’art françaises, italiennes, florentines, flamandes etc.… rassemblées comme dans un banquet divin, savourant du regard, les cerises des « Affinités électives » de Goethe, les poires de « Beit-meri », les pommes de « Wadi Kadicha » et toutes les beautés des paysages de ce Liban que j’ai peints et qu’il surnomme « Mon Liban » et cette insatiable curiosité de voir davantage des endroits avec cet émerveillement et ce sentiment de stupéfaction!!! Il a tant de merveilleux souvenirs qu’il a noté durant ces années vécues au pays du cèdre et surtout cette sincérité d’une amitié qui s’est scellé avec ceux qu’il a connus lors de ses quatre ans vécus parmi eux et tous ceux qui lui sont familiers porteurs des vraies valeurs humaines et qui connaissent comme lui l’amitié véritable et inconditionnelle. Ces souvenirs résumés dans le premier tome « Lettres enlacées », onze portraits volés au temps qui passe précédés d’une introduction dans laquelle il dit son amour du Liban, en attendant son tome II qui sera publié au printemps prochain 2020 et qui n’est que le contenu des onze autres caractères de l’alphabet phénicien.

Un être exceptionnel qui vous évite la peine d’étudier l’histoire des arts et des civilisations ou plutôt qui vous l’apprend sans fatigue, le voici qui vient de composer la préface d’aperçus de sa lecture de la « Cantate heureuse » comme un psychologue, comme un poète et tout à fait comme un historien d’art avec une étude si approfondie de l’ouvrage et cette suite intelligente d’allusions qui réveillent le lecteur de la « Cantate heureuse », comblant son désir de connaître le parcours de cette enfance!!! dû aussi au génie profond puisqu’il est plongé dans les plus hautes méditations philosophiques, spirituelles et religieuses qui semblent prédominantes dans ses ouvrages : « L’Eblouissement du Royaume » et « l’Odyssée de l’Occident, André Siegfried 1875-1959, construction d’une histoire des identités avec pour thème premier : Définition de l’Occident ».

C’est le génie de ce grand homme Serge Tillmann avec son étude historique et scientifique bien documentée qui nous fait comprendre que c’est évident de pouvoir, avec son langage pareil à une hyperbole qui satisfait la raison et qui se repose sur un principe mathématique bien appuyé sur des valeurs morales comme celles d’un révélateur et précurseur d’une vision nouvelle pour l’Occident et pour le monde et qui nous rappelle ce que disait Archimède: « Donnez-moi un point d’appui, je soulèverai le monde ». Ce que le géomètre de Syracuse cherchait dans l’ordre physique, une personne du moyen âge l’a trouvé dans l’ordre moral : Saint Bernard a soulevé le monde chrétien sans autre point d’appui que la foi, sans autre levier que l’éloquence et la vertu.

Avec mes fidèles amitiés,

par

Dédé Hourani

Serge Tillmann a écrit

:

Dédicace heureuse

J’aime imaginer une petite fille les cheveux pris au vent du large, là-bas sur les bords du monde. Cette petite fille qui lira Proust bien des années plus tard, sait déjà du haut de ses cinq ans qu’inventer le monde est infiniment plus passionnant que l’observer.

Cette petite fille je l’ai rencontrée hier, elle n’avait pas changé. Son regard se promenait toujours dans les jardins de l’hôtel Biron, aux bras de Rainer Maria Rilke et d’Auguste Rodin. Elle est un grand bonheur; le grand bonheur de ceux qu’elle n’a jamais cessés d’inviter à la rejoindre dans le merveilleux tourbillon des amoureux des Arts. J’aurai pu m’arrêter là et m’envelopper dans la douceur de ses souvenirs et contempler La Tendresse maternelle d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun. J’aurai pu fermer les yeux et grignoter pour mon seul plaisir les lieux enchanteurs des mille vies qu’elle offre en partage dans sa Cantate pour une enfance heureuse. J’aurai pu me laisser emporter dans les flux de la Méditerranée, sous Le soleil du matin et les regards des dieux de l’Olympe…

Les paysages sont si beaux sous les immenses voiles de sa goélette baudelairienne où règne le bonheur de l’enchantement des mythes qui peuplent ses royaumes, ses univers éparpillés semés aux vents par les muses… Fleuve profond, sombre Rivière pour célébrer la Création.

La peinture, la musique, la sculpture, l’architecture, les livres, la cuisine, l’écriture sont ses grands liens d’amour qu’elle tisse de son immense curiosité pour “parler du Soleil”. Elle a pour compagnons d’éternité Bach, Mozart, Debussy, et tant d’autres, tous les autres; parenthèses ouvertes dans le temps pour offrir à l’humanité, dit-elle, une idée de la beauté. Elle aime leur immortelle présence. Ils vivent là, génies cosmopolites qui racontent des mondes si pleins de tous les périls et de toutes les espérances.

La musique est pour elle le surgissement d’un monde dans le monde, peuplé de mille passions dont elle connaît les moindres secrets. Ce sont ses miracles, d’humour et d’esprit, de légèreté et de caractère, de folie et de raison. Elle sait chaque note en équilibre au-dessus de l’abîme, prête à s’engouffrer dans un des passages du temps que les hommes ont nommé sentiments, émotions ou encore passions. La musique est de toute éternité son Jardin des délices, son vertige où plaisirs et bonheurs s’enlacent autour De mille oiseaux muets dans la nuit d’un arbre.

Je crois l’avoir un jour entendu me dire qu’ “il y a de la griserie à se laisser envelopper par ce mystère, peut-être le plus beau de tous… J’aime les promesses blanches et noires, couchées silencieusement sur le grain d’une feuille de papier. Elles sont le mouvement et la fixité. Elles sont la nuit et le jour des temps. Elles sont le frôlement d’une rencontre d’abord esquissée du bout des lèvres et des doigts, pour dire et rêver le monde”.

Les temps de la petite enfance faisaient se mêler pour le plus grand bonheur de ses parents le spectacle exaltant de la beauté du monde et la passion des livres qui déjà faisaient battre son cœur. Les noms des peintres, des écrivains, des musiciens commençaient à hanter son imagination, et faisaient couler en elle les mythes et les légendes dont elle savait l’empire sur les hommes. Ses parents lui avaient offert, dans toute la beauté du monde, d’être les témoins, ensemble, du génie de la création. L’enfance heureuse était là, dans l’enchantement de leurs regards, dans les paysages, les oiseaux, les fleurs, et parmi les fleurs, les roses.

Poussée par une force inconnue, elle avait fait apparaître le monde qui se cache derrière le monde qui se montre, pour pénétrer dans une éternité d’espérance : la Création. Son émotion avait été si grande lorsque pour la première fois elle avait entendu la mélodie secrète d’une Cantate. Elle avait su de ce jour pourquoi Bach achevait chacune de ses œuvres par l’embrasement de la lumière: “A la seule gloire de Dieu”. Le cinquième évangéliste était entré dans son existence. Il s’était tenu là, face à elle. La petite fille avait fermé les yeux. Et lorsqu’elle les avait rouverts, elle avait contemplé ce qui semblait s’échapper du plus profond d’elle-même, le mystère de l’universel et sa part d’éternité.

La petite fille qu’elle ne cesserait d’être, avait senti jaillir une source, ignorant qu’elle venait d’abandonner sa première chrysalide, pour la douce caresse de ses premières larmes de bonheur. Elle avait su de ce jour qu’il existait des larmes qui ne dévoraient pas celle qui les versait.

La lumière s’était mise à rouler dans le ciel pour se répandre de proche en proche, la musique était là, en train de naître. Tant de douceur et de paix, comment cela était-il possible? Elle venait de rejoindre la mémoire singulière d’un nouveau monde qu’elle tracerait à coups de pinceau et de fusain.

L’éblouissement des arts lui avait fait découvrir cette autre moitié d’elle-même qui lui manquait encore. Elle venait d’entrouvrir son Livre des Merveilles, sa Cantate. Ses parents attentifs précepteurs lui avaient offert deux merveilleux compagnons qui ne la quitteront jamais: l’étonnement et l’admiration.

Cantate à une enfance heureuse raconte un voyage, son voyage. Voyageuse inlassable, elle entraîne ceux qui la côtoie à partager ses passions et ses rêves, dont la plume aujourd’hui se promène dans ses souvenirs et qu’elle teinte çà et là de nostalgie.

Cantate à une enfance heureuse raconte toute cette douceur de vivre qui donne tant de bonheur, même lorsqu’elle évoque les lettres écrites à sa maman qui avait rejoint, bien trop tôt, l’autre rive de l’éternité.

Elle ne change pas ses rêves en souvenirs, Cantate à une enfance heureuse n’est pas le trésor évanoui d’une enfance innocente, ce livre dit ces bouts de temps que l’on nomme espérance, ces bouts de temps qui fortifient les âmes en empruntant ces fleuves qui ne cessent jamais de remonter vers leurs sources.

C’est là qu’elle se met à galoper dans les imaginations de son enfance. Les souvenirs de bonheur attachés à sa maman lui paraissaient certains jours trop lointains, alors d’un cœur fébrile s’échappaient des petits mots griffonnés ou de longues lettres qu’elle confiait à l’amour d’un père. Parfois elle enfermait dans une bouteille abandonnée aux vagues l’espérance des affamés où se nouaient d’évidence toutes les formes de l’amour qui avaient pris pour visages des bouteilles que l’on pouvait croire empruntées à Juan Gris, à Georges Braque ou à Pablo Picasso.

Chacune de ses toiles devenait, dans le murmure des années, un appel chuchoté à l’espérance.

Le calme et la paix avaient pris place, au fil des années, dans le cercle immense formé par la musique et la peinture pour laisser danser dans les souvenirs de l’enfance la couronne ondoyante des roses dont “les pétales volaient comme volent les flamands”, Le champ de coquelicots, et Les cyclamens, à travers lesquels elle distinguait, dans la clarté pâle de la lune, les ombres parfois si lointaines des bonheurs passés.

De son art, elle voulait tout embrasser et tout lier ensemble dans un monde qu’elle savait sans bornes pour partager La symphonie des couleurs dans les ombres de leurs Reflets dans l’eau où se mêlaient angoisses et bonheurs de Claude Debussy. Elle avait remarqué très jeune que le mouvement de la main du musicien prenait son envol pour s’élever comme le faisait la main du peintre pour dessiner l’infini et les miracles de la nature.

Rien n’était plus beau à ses yeux que la possibilité de pouvoir exprimer par la force de l’enchantement, l’immobilité et le mouvement, le silence et la parole, tenus par le fil mystérieux de la création. Quatre lettres seulement avaient suffi à Bach pour se rapprocher de Dieu et des hommes. Ses aquarelles, regards tendres dérobés aux morsures du soleil, aspiraient à la vie éternelle dont elle savait depuis l’enfance le chemin sur cette terre.

Pour elle, l’au-delà est déjà présent ici-bas par L’alchimie de l’amour dont Goethe dépeignait l’obscur et puissante force née de la diversité du monde et de son unité.

Ses regards éclatants brillent du secret de la lumière et de la couleur, elle a reçu le don d’admirer et de se mêler au monde, aux artistes, aux vagabonds. Elle peint un monde dans lequel rien n’est perdu, parce que reflet d’une unité transcendante à laquelle participent tous les hommes. Elle aime Éluard pour qui La couleur brûle les étapes. Elle aime la poésie qui fait se dérober sous ses pieds l’espace et le temps; cette poésie qui la rapproche de sa mère. Dans ces moments, elle sent monter en elle un sentiment fort et obscur. Dans ces moments, elle retrouve à la fois dans les jardins de Songe d’une nuit d’été, dans la forêt de son enfance parmi Les pins à Bkassine et Les marécages traversés pour rejoindre l’inaccessible rive.

Lorsqu’elle peint, dans son atelier de lumière ouvert sur la Méditerranée sur les premiers contreforts de Kaslik, elle se laisse emporter par une sorte d’extase, cette forme d’abandon à la fois sauvage et voluptueux qui la fait pénétrer dans cet autre monde qu’elle affectionne tant, et se confondre en lui, dans le ravissement d’une promesse. Les fleurs sur les sommets des Monts du Liban, dans les jardins de Giverny naissent, vivent, s’évanouissent pour renaître à chaque instant sous ses pinceaux, instruments de ses rêves soulevés par le voile blanc de la toile.

Ses tableaux sont les livres de sa mémoire qui se répandent jusqu’aux extrémités de ses univers. Ses yeux guident nos regards, et les regards de nos regards; nos rêves. Son pouvoir est là, immense, comme un grain de sable qui modifie insensiblement le cours d’une existence, comme une goutte d’eau qui court à la mer pour être la mer.

L’espace et le temps, compagnons de ces lointains où commencent nos rêves, font de nous les prisonniers volontaires de ses rêves qui nous enserrent délicatement et nous font espérer que le monde est beau parmi les mystères de la création. Son monde est celui-là, illuminé par la beauté et ses éblouissements, laissant tous les passages de la création ouverts, pour une quête dont elle a choisi de ne jamais marquer le terme.

Alors et alors seulement, il lui arrive de songer à L’île aux lapins son Île joyeuse, sa maison, son refuge, sa coquille; elle est son mystère, son secret, son silence. Cette île est son jardin aux portes de l’enfance dans le petit matin du chagrin. Mais là, toute proche déjà, la musique projetait sur le monde l’éclat de tempêtes inconnues. Ces jours-là, elle restait immobile, silencieuse au pied d’un cèdre majestueux qui ombrageait son existence.

Aujourd’hui elle espère comme elle espérait, elle rit à la vie, comme elle riait à la vie hier, elle a changé pour rester la même. Elle guette son prochain émerveillement, libre de découvrir l’avenir et ses promesses. Elle nous donne tant de bonheur que nous rêvons d’en inventer de nouveaux à ses côtés pour ne pas tourner une page que l’on devine être la dernière, pour nous révéler ce que nous devons aux souvenirs.

Serge Tillmann

Depuis les jardins de la Fondation du musée Rainer Maria Rilke.

Sierre en Valais.

Serge Tillmann décrit Dédé aussi dans

:

Mélodie secrète

Ses mains disaient aux yeux d’aimer « ce que jamais on ne verra deux fois ». Les univers qu’elle n’avait de cesse d’explorer depuis l’enfance, dépliaient sa frêle silhouette sur les bords des Monts du Liban, souvenirs du Pays des Merveilles peuplés d’arbres, de forêts, de collines, de montagnes et de coulées de lumière qui semblaient se perdre à l’horizon dans la mer. Elle était entrée dans le monde pour faire entendre sa note, et n’a jamais cessé depuis de rêver, fragile baladin aux sourires déposés sur le murmure des lèvres des passants. Ses souffles retenus, pris dans les regards éblouis de ses hôtes, drapaient d’un voile passager, sa musique et sa peinture.

Ses toiles inondées de ses silences scellaient en un trésor, l’extraordinaire rencontre d’une femme et de son art. Elle croyait à la beauté, aux frémissements des ruissellements de lumière patiemment couchés sur des papiers sans épaisseur, fils tendus par le soleil et la nuit, guidant l’imprécision liquide de l’aquarelle. Ses toiles étaient habitées par son désir d’exprimer le monde. Son art est un songe, fulgurants et magnifiques témoignages d’amitié suspendus à nos immortelles promesses ; poèmes mis en musique par d’innombrables séraphins étonnés, sources d’enchantement du mystère des choses.

Je l’imagine laissant se dérober sa main, et rejoindre le regard des choses, pour approcher la vérité dans le resserrement des mots, sublime créatrice. Ses méandres d’ocres et de bleus tissent des correspondances sur sa palette pour emprunter en procession les terrasses du ciel dont elle connait les présages depuis l’enfance. Elle sait dans le secret de son âme, une trouée dans un coin de ciel habité par le divin où la mémoire s’égare les jours de tempête. Ses couleurs et leur mystère conjurent ce qui s’efface dans l’émerveillement de ses écritures aux multiples langages. Elle recueille depuis l’enfance des récits évanouis qui s’enfuient sans la quitter, comme autant de grains d’espérance vagabonds coulant depuis le ciel.

Le souffle du monde fredonné vibre en elle, lueur à peine jaillie et déjà lien d’amour. Ses mains étincelantes enveloppent chacune de ses toiles d’un film opalescent qui la pousse à suivre le trait, déjà dessin au-delà de l’extrémité de ses doigts, pour s’abandonner à la lumière de l’aube et aux couleurs du crépuscule. Chacune de ses toiles coule à travers elle comme une première rencontre amarrée à la fragilité de ses espérances, épures volées au temps, prises dans les rais d’une fraction d’éternité, la vie.

Elles sont ses empreintes, traces de ses voyages, respirations de ses imaginaires, glaneuse mystérieuse de petits matins, des avant-dernières nuits qui précèdent ses printemps, ses étés, ses automnes, ses hivers. Son art la protège, l’abrite des tourments de son histoire, et le temps, tamis immuable de ses bonheurs apprivoisés et de ses chagrins enfouis, berce ses souvenirs. Chacune de ses toiles rêve le monde pour devenir un peu son monde, pour devenir un peu les autres, tous les autres. L’amitié est passée par là, et je peux aujourd’hui en toute liberté lui offrir mes mots, sans en retrancher un seul, avec l’espoir de pouvoir en ajouter un autre, mille et une fois encore.

Le temps est devenu un ami fidèle et nous fait nous souvenir que les cœurs battent au rythme de leurs tremblements et qu’ils portent en eux une promesse sans que l’on en sache l’or ; celui des champs de blé de Vincent Van Gogh ou le frôlement d’une flamme de Georges de la Tour. J’aime écouter ses mots, bus par les battements de nos cœurs. Etrange pouvoir qui est le sien, lorsqu’elle évoque ses musiques d’amour et de tendresse comme elle seule l’ose par je ne sais qu’elle stratagème volé aux dieux. Les affleurements sensibles de ses rêves, invisibles arabesques de ses entre-deux mondes, imaginées au gré de ses inspirations nomades, éprouvent de façon saisissante les silences de son intention créatrice. Elle est alors comme dépouillée du monde pour aller vers ce qui la compose, la beauté.

Entre le clair et l’obscur, entre le ciel et les monts, entre les nuages sur la mer, elle arpente pour s’en saisir, l’infini des champs de la peinture et de la musique. Elle évoque l’ombre du monde et le mystère de la lumière pour rejoindre les sentiers de la création. Elle sait les éblouissements et les vertiges nés des gestes lents des ombres, leurs transparences, lorsque zébrées d’autres ombres, rejoignant le soleil. Ses songes éclaboussés de tendresse se penchent et se fondent parmi les chants des oiseaux et le bruit des ruisseaux pour croire qu’ils étaient déjà ceux-là dans les jardins de Giverny. Dans ses moments de grâce, quelque chose de lumineux brille, doucement, fragile mouvement de ses tumultes silencieux et si vulnérables de sa création.

Elle s’étonnait, enfant déjà, des tournoiements de la lumière, de son immobilité, habitée par le désir fou de suspendre le monde à ses mains, et ordonner par le mouvement la vie. Elle entend, enfant encore, les silences qui séparent l’absence de l’oubli, ses rythmes dans l’espace et dans le temps pour rejoindre la mélancolie de l’attente sur les berges du ciel. Ses rêves sont sans retour, non pas parce qu’enracinés de l’autre côté du monde mais parce qu’ailés.

Elle conte une histoire filée depuis les commencements pour ne jamais oublier le pays lointain d’où elle vient. Comment ne pas voir dans chacune de ses peintures, une partition abandonnée à la musique ? Une poussière de vie déposée à l’intérieur même de la toile ? J’aime écouter ses mots, leurs présences étonnent mon cœur, ils sont la « Vague unique, dont je suis la mer progressive » d’Erich Rainer Maria Rilke ; confessions qui habitent les faubourgs de l’éternité. Elle a pour compagnons Marin, Claude, Maurice, Franz, Anton, Piotr, Jean-Sébastien, Wolfgang-Amadeus, et tant et tant d’autres. Ils sont la mémoire de ses enchantements amoureux, labyrinthes grignotés par les éclats de ses talents. Elle aime leur immortelle présence, c’est par eux qu’elle a découvert le monde. Ils vivent là, fidèles compagnons, jaillissements éparpillés, murmures de ses secrets. Ses toiles, au balancement heureux si plein de mystères, gardent précieusement le souvenir de ses passions ; chemins de ses passages d’un monde à l’autre, miroir des traits d’Echo. Pour elle, cinq lignes noires craquèlent la surface du monde. Cinq fêlures d’éternité, ensemencées de noires et de blanches tournoient dans la lumière.

Cinq miracles de vie, d’ensemencements jaspés d’esprit, de grâce, de légèreté, de caractère, de folie, de raison, entendent pour voir. Elle sait chaque note en équilibre sur une cime ou au bord d’un abîme, prête à s’engouffrer dans un des passages du temps que les hommes ont nommé sentiments, émotions ou encore passions. La musique est de tous ses tournoiements d’éternité son autre Jardin des délices, son vertige immémorial, où plaisir et bonheur enlacent l’imprésence des lignes noires sur le fond clair d’un livret. Pour elle, la musique trace les contours sonores des existences, les notes sont des frontières fragiles en suspension, où réside le mystère des hommes à saisir l’invisible. J’aime me souvenir de ses mots, sculpteurs de nos complicités, infiniment libres de nous troubler par le seul prolongement d’un silence.

- «Il y a de la griserie à se laisser envelopper par ce mystère, peut-être le plus beau de tous, le plus impalpable, le plus irremplaçable, la passion ; et l’exprimer dans le recueillement de l’absolu des choses. J’aime les promesses blanches et noires couchées silencieusement sur le grain d’une feuille de papier. Elles sont le mouvement et la fixité. Elles sont la nuit exhumée et le jour enfoui. Elles sont le prolongement de nos désirs, de nos attentes. Elles sont le frôlement d’une rencontre d’abord esquissée du bout des lèvres, glissant entre nos doigts, surprise sensuelle. La musique devine nos âmes, parcourt nos songes pour que nous nous souvenions de la beauté de ses trésors».

Lorsqu’elle offrait ses mots, elle devenait le ravissement d’une promesse. Pourquoi ajouter quoi que ce fût à ses regards dont les rêves donnaient vie aux mots ? Avec elle, l’avenir était doux parce qu’il se préparait à vivre.

- «Pour écrire le monde et l’imaginer, il faut à peine plus de quelques notes ; ailes blanches et noires repliées en cercles de lumière, et une poignée de lettres ralliée à la compagnie des mots pour composer les innombrables horizons de l’humanité».

Là-bas près des grands arbres sous la lune, à portée de rêve, faisant jouer l’envoûtante Mer de Debussy, elle demeurait un silence immobile, effeuillant le monde. Elle renvoyait une lumière éblouissante pour le regard et l’âme. La Mer s’ouvrait au milieu de ce temps tissé des souvenirs accumulés.

Elle rêve des fragilités à venir, d’un chevalet, d’une palette, d’une feuille légère pareille à l’aube, déposée au hasard. Elle étend sans cesse l’avenir, pose des aplats d’instants à venir, lentement, en lignes d’horizon successives comme autant de sources d’espérance. Elles sont ses empreintes, traces de ses voyages, respirations de ses imaginaires, glaneuse mystérieuse de petits matins, des avant-dernières nuits qui précèdent ses printemps, ses étés, ses automnes, ses hivers.

Pourtant certains jours, elle recherche la transparence de l’aquarelle pour diluer le présent et laisser percer la lumière d’une feuille au grain de peau veiné du souvenir d’un chiffon, fragile guide d’un passé qui hésite à n’être que passé. Elle aime, pour chacune de ses créations, citer les vers des poètes, des musiciens, les griffures de leurs passions ; Erich Maria Rilke le très aimé, Frédéric François Chopin à la beauté éternelle, tous amants de mondes lumineux, tragiques et merveilleux, si plein de choses surprenantes dont elle peint les thèmes en d’infinies variations. Ses pinceaux, fragments ardents, s’abandonnent aux oliviers, aux cèdres, aux pins et à la mer toujours, à la mer encore. Vous jureriez l’avoir rencontré à la terrasse d’un café, à Venise ou à Salzbourg noircissant avec une infinie délicatesse de petits carnets noirs, compagnons de ses voyages, dans lesquels elle consigne ses promenades invisibles jusqu’alors. D’un geste elle peut faire éclore des silences, ce sont ses petites musiques, les merveilleuses complices de la création artistique.

Sa langue, à l’étincelant brio, élégante, précise, petit bijou façonné par les meilleurs maîtres beyrouthins quelque part durant le siècle dernier, reflète les mille grâces des choses ordinaires comme des plus extraordinaires. Tout chez elle est affaire de ton, de style, ces deux lignées de l’élégance qui font presque oublier qu’elle est une des dépositaires d’un précieux héritage sur les terres du Levant, la langue française et tellement plus que cela, l’intuition de sa culture qui échappe aux mots. Son savoir académique, rebelle, l’a fait virevolter au-dessus d’un monde tour à tour, minuscule et gigantesque.

Elle peint depuis un temps de l’enfance que l’on dit tendre, pour raconter des lieux et des temps plantés en contrebas de champs de coquelicots ombrés par le mouvement d’une femme vêtue de blanc. Elle était comme livrée à ces paysages, Monet nous rapprochait, se mêlait à nos souvenirs. Tant de beauté nous donnait le vertige et nous comblait. Je l’imaginais Femme à l’ombrelle, foulant des brassées de coquelicots et les croire regagner la lumière à la tombée du jour. Femme à l’ombrelle, d’une grande élégance d’allure et d’esprit, elle se meut avec grâce dans un monde aux miroitements enchevêtrés. Son aisance, miracle répété de l’instant, le doux charme de ses manières aristocratiques aux merveilleuses saveurs d’éternité, flottent alentour et me réjouissent à chacune de nos rencontres. Elle aime admirer et conçoit de bonne grâce que les hommes ne peuvent qu’entrevoir l’Eden et ses rêves dont ils peuplent leurs conversations. Je sais aujourd’hui que ces moments de grâce absolue nous rapprochaient. Je me souviens parfaitement d’un après-midi d’automne alors que le soir s’annonçait. Apprenant un futur voyage, elle me pria de la rejoindre à Kaslik afin d’y poursuivre une conversation dont nous savions le privilège. C’était une de ces belles journées dont les rivages de la Méditerranée gardaient jalousement le secret depuis l’Illiade, de celles dont le parfum si particulier invitait au bonheur dans une époque où le ciel si souvent, se confondait avec le malheur. Je découvrais, dès le pas de la porte franchi, un univers que je croyais disparu et qui ressemblait à s’y méprendre à ce que le passé avait offert de plus éclatant au Liban. Ses mots, ce jour-là se sont faufilés dans les plis de ma mémoire pour ne plus jamais la quitter. Je rêvais à ses couleurs éclatantes qu’elle prolongeait d’ombres pour les veiller jusqu’au coucher du soleil. Elle avait habillé de lumière les chemins immortels de nos souvenirs. Elle avait ouvert une porte qui donnait bien au-delà de l’horizon, là où le ciel et la terre ne se distinguent plus.

On aurait dit que la lumière éblouissante de Kaslik inondait mon amie du dedans. Tout était lumière et paraissait nous attendre, immobile, avant de courir, libres, depuis nos imaginations jusqu’aux bleus et mauves d’une toile posée à même le sol. Mon amie souriait aux gris très pâles qui s’étendaient au-dessus d’une forêt aux verts sombres qui mêlait les mystères de la vie et de la mort. Je n’avais nul besoin de comprendre les liens qu’elle avait patiemment tissés avec la chair de sa terre. La composition était belle et brillait au soleil d’une lumière pâle, auréolée du voilage d’une brume. Pourtant tout était si étrange ; ces arbres accrochés à un ciel d’automne, ces brumes comme surgies du passé, ces mélanges de souvenirs et de féeries, à cet endroit du Liban où s’efface l’histoire pour laisser le mystère envelopper les dentelles de pierre de ses Monts. La toile posée à même le sol n’avait pas quitté mon esprit. Une évidence mystérieuse, témoin de nos rêveries, nous livrait à son paysage. Cette toile, brise légère surgie de l’étincelle d’un regard à la surface de son âme demeurerait pour notre éternité, le reflet de notre amitié. Ce tableau par la grâce du don a pris depuis la route du Couchant. Il est aujourd’hui le miroir de notre amitié où se reflètent les immensités que nous abritons en nous-même. Ce paysage est notre voyage, comme offert à nos yeux, et il demeure ce que nous éprouvons face à la nature, une rencontre unique qui nous mène vers l’au-delà. J’ai eu la certitude que nous ne laisserions pas l’oubli nous ravir notre amitié. Le monde n’est fait que de rencontres et des étoiles lointaines de ses univers. La musique demeurerait sa goélette, celle qui la ferait passer de l’autre côté du miroir ; sa

Cantate à une enfance heureuse

, voguant vers son secret : un monde qui espérait encore

entendre parler les arbres

.

Dédé Hourani · Collected writings.